Avant l’heure, c’est pas l’heure
Après l’heure... c’est plus l’heure !
Aux Armes citoyens! C’est la révolution! Et certains mouvements syndicaux, mobilisés, partent en guerre, en tir groupé!
Le motif de cette mobilisation référendaire, vous l’aurez compris, est l’insupportable idée que des milieux économiques et des partis qui naturellement y sont associés aient réussi à modifier la LHOM (Loi sur les Heures d’Ouvertures des Magasins), anciennement «Loi sur la Fermeture des Magasins, en permettant, par une nouvelle loi votée au Grand Conseil genevois, d’uniformiser à 20h00 l’ouverture pendant la semaine, d’ouvrir le samedi jusqu’à 19h00 et de nous permettre de pouvoir faire des emplettes pendant 4 dimanches par an».
Une fois n’est pas coutume, Genève «s’engaillardi» au point qu’elle devient pionnière par rapport aux cantons romands sur ce sujet. Dommage, que cela n’ait pas pu se faire dans une ambiance de concertation où tous les groupes concernés auraient été parties prenantes de ces favorables et indispensables nouvelles donnes.
En réalité, ce débat-bras de fer dure depuis plus de 40 ans et les quelques bribes d’ouverture obtenues ne tiennent pas vraiment compte de l’évolution sociétale pendant la même période. Pour prendre un seul exemple, l’implication des Femmes dans l’économie a véritablement bouleversé la Société et la conception de la famille. Leurs activités professionnelles, les horaires auxquels elles doivent faire face, tout en jonglant avec la gestion de la famille, des enfants et de multiples autres tâches font qu’elles sont en quête d’un peu plus de confort dans le temps qu’elles peuvent consacrer aux courses.
Et puis, il y a également des personnes qui sont ravies de travailler quand les autres sont en congé car leur vie est organisée différemment. Remarquez, au jour d’aujourd’hui, pour ces personnes, il y a toujours la possibilité de sortir du canton pour aller acheter ce dont elles ont besoin sur Vaud ou en France ou encore, en moins chaleureux, mais ouvert 24heures sur 24, tous les jours de l’année, il y a… internet.
Dire si les habitudes en ces quelques dizaines d’années ont été bouleversées et combien il nous est indispensable d’adapter nos structures au monde dans lequel nous vivons. On ne peut pas faire comme si rien n’avait changé et il faut trouver la clé de l’entente, hors tout combat lié de manière trop simpliste aux dogmes.
L’objectif premier qui était celui de défendre la profession de la vente est révolu. A ce propos, cela voudrait-il dire que d’autres métiers ou professions seraient moins «dommages»? Comment ferions-nous sans celles et ceux qui choisissent encore aujourd’hui, par envie et passion, de s’orienter vers les professions de la restauration, du médical, des transports et d’autres activités dont les horaires sont calqués pour l’essentiel sur le temps libre de la majorité des consommateurs.
La population genevoise s’exprimera le 28 novembre prochain et tranchera. Bien au-delà de la simple votation sur un sujet tant ressassé, l’occasion pour les Genevoises et les Genevois de démontrer par ce vote que notre canton veut, simplement et raisonnablement, sans excès, s’adapter au mode de vie actuel !
L’équipe de l’Extension vous souhaite un bel et ressourçant été.