Philippe Schibig: dessins 1961-1983
Sans titre, 1979
Stylo-bille sur papier
29,6 x 20,8 cm
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Cette fois nous rendons les armes ! jamais jusqu’à ce jour nous n’avons vu oeuvre pareille à celle- ci » écrivait, en 1967 déjà, une critique d’art à propos des dessins de Philippe Schibig. L’artiste suisse, à l’oeuvre indéchiffrable et à la vie tumultueuse, a fait couler l’encre des critiques sans pour autant livrer la clé de lecture de ses dessins au stylo bille. Si Philippe Schibig est moins présent sur le devant de la scène artistique depuis quelques années, il a livré vingt ans durant une œuvre importante, inspirée selon ses dires par Uccello, Schiling ou encore Ernst. Son œuvre -évoquant tantôt des figures humaines, des motifs floraux ou les fantasmagories de l’artiste- possède un profond sens de la composition et du rythme, une immense qualité graphique et est empreinte d’une rare poésie.
Qualifiée tour à tour d’ « écriture automatique », de « nouvelle graphie » ou encore de « dérive de formes alphabétiques », l’expression picturale de Schibig est unique en son genre : superpositions de couches dessinées au moyen de traits microscopiquement ciselés au stylo bille qui, dans un chaos organisé et une frénésie contrôlée, dégagent une intensité incomparable.
Philippe Schibig a déjà été exposé à deux reprises chez Anton Meier : une première exposition en 1976, suivie d’une seconde en 1981. Aujourd’hui, hommage est rendu à l’artiste avec cette troisième exposition réunit une trentaine de ses œuvres, parmi les plus significatives, essentiellement produites entre 1960 et 1970. En parallèle paraîtra à la mi-octobre un important ouvrage de 400 pages consacré à l’artiste par l’excellent éditeur zürichois Scheidgger & Spiess, accompagné des textes de Jean-Christophe Amman, et du professeur Beat Wyss notamment.
Bio express
Né en 1940 à Carouge (GE), Philippe Schibig a passé sa jeunesse entre Genève et Zoug, puis a vécu à Lucerne Genève et Zürich. Il a fréquenté quelque temps l’Ecole des Arts et Métiers de Lucerne avant de poursuivre son parcours artistique en autodidacte, menant une vie difficile et sans répit, avec une carrière ponctuée d’épisodes tumultueux et d’hospitalisations en milieu psychiatrique. Artiste outsider de la scène d’art contemporain suisse des années 1960-1970 et l’un des acteurs essentiel de cette générations d’artistes, il a fait l’objet d’une quarantaine d’expositions depuis 1961 avant de progressivement se retirer de la scène artistique ces vingt dernières années. Aujourd’hui âgé de 70 ans, Philippe Schibig vit dans un Home en Suisse alémanique.
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