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L’implication de Guy Zwahlen

Vous présidez la section genevoise du TCS. Comment réagissez-vous à l’adoption par le Grand Conseil d’un crédit d’étude destiné à évaluer la possible réalisation d’une nouvelle traversée de la Rade, entre Le Vengeron et La Belotte ?
Guy Zwahlen: «Bien entendu, je salue cette décision, dès lors qu’il est indispensable pour assurer la mobilité à Genève, de pouvoir disposer d’une véritable autoroute de contournement et qu’à ce jour il en manque toujours un maillon, à savoir précisément celui qui permet de traverser le lac. En revanche, vu qu’il s’agit d’un projet à long terme et régional, au mieux à moyen terme, il est dommage que l’adoption de ce projet soit fait au détriment d’une moyenne traversée, qui aurait été un projet urbain, à court terme, et aurait permis une diminution du trafic sur les quais et sur le pont du Mont-Blanc au profit des piétons, des vélos et des TPG et améliorer la mobilité au centre ville.»

Le débat portant sur une nouvelle traversée est très fortement connoté gauche contre droite. Pensez-vous que ce clivage politique puisse être aujourd’hui dépassé avec l’arrivée sur le marché de véhicules peu, voire pas polluants?
J’ai toujours regretté que le débat sur la mobilité se soit radicalisé au niveau politique. Il s’agit en réalité de questions techniques, visant à assurer le mieux les possibilités de se déplacer à Genève et non de questions doctrinaires avec forte connotation politique. L’intérêt public est d’assurer une complémentarité des modes de transport et une liberté de choix et non pas d’imposer des modes de déplacements de façon arbitraire. De plus, la Constitution genevoise prévoit le respect du libre choix du mode de transport et la complémentarité de ceux-ci.

Etes-vous favorable à un financement privé-public qui pourrait inclure l’établissement d’un péage afin de financer une grande traversée.
En principe non. En effet, les usagers motorisés privés payent déjà assez d’impôts, de taxes et surtaxes, en particulier sur les carburants, pour que de tels projets puissent légitimement être financés par les deniers publics. Du reste, une partie non négligeable sert à financer les transports publics, aussi il est donc normal que l’on finance les réalisations routières par des fonds publics également, sans recours au péage. En revanche, pour la moyenne traversée, vu la position actuelle du monde politique, la question du financement mixte avec péage pourrait être étudiée pour bénéficier quand même rapidement de cet ouvrage indispensable pour Genève.

Genève s’est lancée, à l’échelon cantonal, dans une stratégie de mobilité qui favorise les transferts de mobilité de la route vers le rail, du privé vers le public ou le collectif, comme le tram ou la réalisation d’une 3e voie CFF. Avez-vous le sentiment que le transport privé à quatre roues a encore un avenir en milieu urbain?
En effet, d’abord la Constitution prévoit une complémentarité des modes de transports et le libre choix, ce qui impose de garantir le libre recours aux transports privés. Il doit y avoir un développement équitable et harmonieux des modes de transports, sans privilège de l’un par rapport à l’autre. De plus, on sait que les besoins de mobilité vont augmenter de 30% ces prochaines années et il est évident, que même avec le développement intensif des transports publics tel qu’entrepris actuellement, ceux-ci ne pourront pas, sauf à détériorer les conditions de transport des passagers, absorber d’une part cette augmentation des besoins de mobilité et, d’autre part, absorber une réduction importante et forcée du transport individuel.

Le TCS va-t-il prendre une position officielle concernant le projet de nouvelle traversée de la Rade? Le TCS est-il encore aujourd’hui considéré exclusivement comme un lobby routier?
Le TCS va bien entendu soutenir vivement l’idée d’une grande traversée, tout en regrettant qu’on abandonne dans le cadre d’une réalisation rapide la moyenne traversée. Il va encore étudier les possibilités de la réaliser. Le TCS n’est pas considéré exclusivement comme un «lobby routier». Bien entendu, il se doit de défendre l’usager motorisé privé (automobiliste et motocycliste), dès lors que ce mode de transport fait actuellement l’objet de toutes les attaques, mais son crédo est la défense de la liberté du mode de transport et du libre choix de celui-ci, donc une légitime demande que l’on respecte simplement la Constitution genevoise dans le domaine des transports. Il arrive régulièrement que l’on prenne en compte également les intérêts des cyclistes et des piétons.
par Philippe Amez-Droz
Rédigé le 06.03.2008 | Benjamin Perrier


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