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Un Salon de l’auto très vert !

Il n’est plus possible de parler auto sans songer écolo. La prochaine grande messe automobile qui aura lieu à Genève du 6 au 16 mars doit symboliser «la dualité entre émerveillement et responsabilité écologique».

Verte, l’affiche du prochain salon de l’auto est verte. Ce n’est pas un hasard. C’est un clin d’œil – ou du moins le sujet de l’affiche y ressemble fortement – à la vogue des voitures vertes que constituent les véhicules hybrides conçus pour répondre aux défis écologistes du XXIe siècle et à la menace de pénurie de pétrole qui pointe à l’horizon.
N’en déplaise à certains, Genève sans son salon automobile ne serait pas tout à fait Genève. De tous les grands salons européens (Paris, Francfort, Londres et Turin), Genève est le seul à avoir lieu annuellement. Il a lieu chaque printemps en terrain neutre, dans un pays qui ne fabrique plus de voitures de série depuis longtemps et qui ne dépend donc d’aucun grand constructeur. Tous les exposants sont à égalité.

730’000 visiteurs
Le salon 2007 a accueilli 730’000 visiteurs de 110 pays avec 250 exposants de 950 marques. Les retombées économiques du principal salon mondial ont été estimées à 290 millions de francs en effets directs et indirects: hôtels, restaurants, commerces, taxis, trains, taxes d’aéroport, etc.
Pour l’image internationale de la ville au jet d’eau, ce sont 10’000 journalistes et collaborateurs médias, dont 85 % d’étrangers qui sont attendus à Palexpo en provenance de 73 pays: «Selon un sondage effectué l’an dernier sur la provenance des visiteurs, 30 % sont des visiteuses, 9 sur 10 sont des actifs entre 18 et 54 ans et 37 % proviennent de l’étranger», souligne Silvia Blattner, responsable des relations publiques et de la presse de la 78e édition.

Des moteurs hybrides évolués
L’agence bernoise Polyconsult qui a conçu l’affiche 2008 assure que la prochaine édition devrait susciter doublement l’intérêt public: «Premièrement par une diversité fascinante et inépuisable de nouvelles créations, et deuxièmement par un regard critique face aux réponses proposées aux défis de l’environnement, le Salon 2008 symbolisera cette dualité entre émerveillement et responsabilité écologique qui représente l’avenir de l’automobile».

Pour répondre aux attentes des consommateurs-automobilistes, les constructeurs affûtent leurs armes, mais il en faut du temps jusqu’à ce que les modèles les plus révolutionnaires passent du stade du laboratoire aux vitrines du garagiste. Ainsi, au mois de janvier dernier, au Salon de Détroit, les constructeurs américains ont fait étalage de leur avancée technologique, mais ces prototypes ne sont pas annoncés officiellement sur les moquettes genevoises. A Détroit, General Motors a présenté un véhicule capable de fonctionner à 100 % en mode électrique ou à 100 % en version moteur à explosion, voire en combinaison idéalement calculée entre les deux modes.

Le constructeur de Détroit qui s’est fait voler sa première place mondiale par Toyota promet des économies d’essence pouvant atteindre jusqu’à 30 % en fonctionnement bi-mode, notamment avec son modèle Chevrolet Tahoe. Autre révolution technologique, la Chevrolet Equinox fonctionnant à la pile à combustible. Pas le moindre bruit et pas la moindre goutte d’essence. Reste à disséminer largement les pompes à hydrogène sur les «highways» des Etats-Unis. Un sacré défi! Autant dire que les bonnes vieilles pompes à essence ont encore de beaux jours devant elles, aux USA comme sur les autoroutes européennes…

Un forum scientifique
Hydrogène ou énergies renouvelables? Progrès réalisables vers une mobilité durable? Sur ces thèmes de chaude actualité, les organisateurs du prochain Salon de Genève annoncent l’organisation d’un nouveau forum scientifique et public sur «la mobilité du futur», l’International Advanced Mobility Forum (IAFM). Soutenue par le président de la Confédération Pascal Couchepin, par le conseiller d’Etat Robert Cramer et par le prince Albert de Monaco, l’IAMF veut mettre l’accent sur l’échange d’informations entre scientifiques, autorités politiques et représentants de l’industrie automobile. «Economie d’énergie, réduction des émissions, nouveaux concepts de propulsion et carburants alternatifs seront les thèmes abordés lors des conférences et des tables rondes», annoncent les organisateurs. Parmi eux, l’Association e-mobile fondée en 1980 en faveur de la commercialisation des véhicules routiers à faible consommation, l’AVERE (fondée en 1978 sous l’égide de la Communauté européenne dans le but de promouvoir les véhicules à piles à combustible, électriques et hybrides), l’Institut Paul Scherrer et Gasmobil.
Présidée par Max Mosley, le président de la Fédération internationale de l’automobile, l’IAMF tiendra son forum pour la première fois à Genève durant la deuxième semaine du Salon de l’automobile, du 11 au 13 mars.


«Made in China»: la BYD!
2008, l’année de la Chine, se concrétisera aussi à Genève par l’apparition d’une marque automobile chinoise très peu connue en Occident, la BYD (prononcez Bi-waye-di). En anglais, cela signifie «Build your dreams» ou construisez vos rêves, un nom quelque peu inapproprié phonétiquement pour des francophones!

Quoi qu’il en soit, BYD Auto est un constructeur créé en 1995 à Xi’an, au cœur de l’immense Empire chinois. Fabriquant également des batteries de téléphones portables, il est même devenu le N°2 mondial dans ce domaine. Son logo bleu et blanc ressemble à s’y méprendre à celui de BMW. Le constructeur commercialise aujourd’hui une gamme complète de modèles variant de 800 à 2400 cmc, le plus souvent motorisés par des blocs Mitsubishi fabriqués sous licence. Ses deux usines de Shenzhen et Xi’an, avec son centre d’essai basé à Shanghai et son usine de carrosserie à Beijing possèdent une capacité théorique de 300’000 véhicules. Elle n’en a vendu que 150’000 l’an dernier, mais la marque peut se vanter d’une progression exponentielle.

Petite Flyer
La première voiture fabriquée sous le nom de BYD est une petite voiture économique baptisée la «Flyer». Vu le succès, une usine d’assemblage a été installée à Shenzhen, dans l’ancienne zone économique de Hong Kong, où travaillent quelque 20’000 employés. On y fabrique également des écrans LCD pour téléphones mobiles.
En février de l’an dernier, un accord a été conclu entre BYD et le plus grand concessionnaire automobile du Portugal, le groupe HIPOGEST, pour importer en Europe la berline F 3, un modèle à quatre portes de 1,6 l. C’est ce modèle qui sera présenté à Genève en première mondiale dans sa version hybride: électricité et moteur à explosion.
Pionnier en terres chinoises, BYD avait déjà présenté un prototype de voiture électrique en 2006. Elle fabrique une version plus puissante à moteur hybride rechargeable, la F6 DM (pour double mode) avec une autonomie en mode électrique de 96 km. Selon son constructeur, elle peut encore parcourir 310 kilomètres supplémentaires grâce à son moteur à combustion. Elle serait commercialisée en Chine pour un prix inférieur à 32’000 francs, hors taxes mais batteries incluses, ce qui la place en-dessous de ses rivales potentielles. Une utopie à la mode chinoise? De la taille d’une VW Passat, la voiture répond aux normes anti-pollution européennes et sa batterie supporte 2000 cycles de charge.

Tata Nano
L’automne dernier, au Salon automobile de Canton, la marque chinoise avait fait sensation en annonçant le lancement de la F1. Rien à voir avec une voiture de course: la BYD F 1 est une «mini» annoncée au prix record de 2’200 euros ou près de 3’500 francs, ce qui ferait d’elle l’une des voitures les moins chères du monde avec la Tata Nano présentée récemment par le groupe indien à Dehli. La Tata Nano sera aussi présente à Genève avec deux modèles différents et à un prix de vente imbattable de 1’700 euros ou 2’750 francs.
Avec BYD, c’est la deuxième marque chinoise à faire son apparition au Salon de Genève après la Brilliance, qui a pointé son capot à Palexpo l’an passé. En 2003, Brilliance Automotive a signé dans la capitale chinoise un accord de joint-venture avec le constructeur de berlines de luxe allemandes BMW. Selon les termes de cet accord, les deux constructeurs doivent construire une usine en Chine pour produire des BMW sous le nom de Brilliance-BMW Automobile. A plus ou moins long terme, la Chine promet de rivaliser sérieusement avec les Japonais (de Toyota à Honda en passant par Nissan), les Sud-Coréens de Kia et les Indiens de Tata pour la conquête des marchés occidentaux. Il lui reste à fabriquer ses propres moteurs pour ne pas dépendre des fournisseurs nippons et à soigner la qualité.
La BYD à la mode chinoise ne fera alors sourire plus que les ignares!.
Olivier Grivat
Plus d'informations en ligne :
Rédigé le 06.03.2008 | Benjamin Perrier


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