Le Festival du Film des Diablerets tutoie à nouveau le succès

La 43e édition du Festival du Film des Diablerets est couronnée de succès. Le record d’affluence de l’année dernière a été égalisé, 10'000 spectateurs ayant à nouveau suivi les diverses projections ainsi que les après-midis consacrées aux hommes au service de la montagne , malgré le beau temps.

La conférence de William Winram, plongeur apnéiste, a par exemple dû être filmée et projetée en live dans une seconde salle, plus de 700 personnes ayant décidé d’y assister. La quasi-totalité des projections étaient complètes.
Le Festival, devant l’affluence de 2011, s’était préparé à pouvoir accueillir les spectateurs dans des conditions optimales avec l’ouverture d’une seconde salle.

Le grand prix du jury est allé au film Devenir un homme, Himalaya face aux abeilles géantes, de Jérôme Ségur. Le film est également couronné du prix du public, qui l’a plébiscité.

Chef d’œuvre tant au niveau de l’image que du traitement du sujet pour le jury, ce film d’initiation et de transmission suit les pérégrinations d’un jeune homme dans l’Himalaya indien. Celui-ci devra affronter le vide des falaises et les abeilles géantes de la région pour aller chercher du miel, liquide précieux de la région. Sa présence, son courage, la finesse du film et la qualité des images ont totalement convaincu le jury.

Le prix spécial du jury est allé à l’ovni Gypaetus Helveticus, de Marcel Barelli, court métrage d’animation retraçant le destin du gypaète barbu en Suisse, de sa traque à son extinction, puis à sa réintroduction. Le tout dynamité avec un humour décapant omniprésent, digne d’un croisement improbable entre les Monty pythons et Emile. Un objet filmique non identifié, qui a séduit le jury par son rythme, son propos, son humour et son traitement totalement inhabituel et décalé du sujet.

Le prix du jury des jeunes, qui sont venus le remettre en effectuant un trajet de deux jours à dos de mule depuis Savièse, est allé à I believe I can fly, de Sébastien Montaz-Rosset. Un récit sur des funambules modernes, se mouvant sur un fil au-dessus du vide, une highline dressée sur les immenses falaises des fjords norvégiens, avant de plonger dans l’immensité aérienne en parachute.
Le diable d’or en catégorie exploit/aventure est allé au film Terra X, de Gabriele Wengler, retraçant l’épopée d’Alfred Wegener et d’une équipe de scientifiques allemands au cœur du Groenland dans les années 30. Un magnifique travail du suspens, à base d’archives et de reconstitution, qui a convaincu le jury.

Le diable d’or en catégorie extrême/freeride est allé à Cold, d’Anson Fogel, récit d’une expédition dans un 8000 du Pakistan, filmée à vif dans le froid et les difficultés d’une montagne glaciale balayée par le vent. Le film, grâce à l’exploit d’une caméra « live », emporte le spectateur en pleine glaciation.
Le diable d’or catégorie montagne est allé à Apo Karim, de Laurent Chevalier, film autour d’un porteur de renom du nord du Pakistan. Le film retrouve Apo Karim âgé. Homme au regard philosophe, il décide de permettre à sa famille, son village, sa vallée, de se développer grâce à sa renommée. Afin que les siens vivent mieux qu’il n’a vécu. La force du personnage, portant le film, a été relevée par le jury.

Le diable d’or en catégorie environnement est allé au film Sur les traces de la panthère des neiges, d’Eric Dragesco, offrant des images jamais captées jusqu’alors de cette manière du rarissime léopard des neiges, et dont l’approche, suivant les pas d’un passionné dans les vallées reculées de mongolie, a particulièrement saisi le jury.

Le diable d’or en catégorie Culture du monde est allé à Afghanistan, 7000 m au-dessus de la guerre, suivant les périples de 4 afghans gravissant le mont Noshaq, sommet de leur pays jamais atteint par leurs compatriotes, afin d’envoyer un message de paix à leur pays.

Enfin, le prix de la meilleure photographie est allé au film Verticalmente démodé, de Davide Carrari. Ce récit d’une passion d’un alpiniste pour une voie droite et difficile considérée comme démodée, filmé en noir et blanc, a touché le jury pour l’élégance des images, filmant les gestes de grimpe au plus près avec une photographie superbe.

L’office du tourisme est également heureux du succès du festival, atout indéniable qui se ressent dans la fréquentation de la station. L’office du tourisme proposait une série d’activités, slackline, tyrolienne, saut du diable, constatant que les spectateurs au sortir des séances avaient un autre regard sur cette montagne, et avaient envie de tester le dépassement de soi à leur échelle. Une formule qui renforce l’aspect original du Festival, avec cette année des activités fortement suivies.

La prochaine édition aura lieu du 10 au 17 août et aura pour hôte d’honneur le Club Alpin Suisse, qui fêtera son 150e anniversaire.
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Rédigé le 21.08.2012 | Joëlle Gilliéron


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