Sécurité


Bilan positif pour la vidéoprotection aux Pâquis

La phase pilote de l'expérience de vidéoprotection dans le quartier des Pâquis est arrivée à son terme. Evaluée de manière indépendante par l'Université de Neuchâtel, après deux ans d'activité le département de la sécurité et de l'économie (DSE) en tire un bilan positif. La vidéoprotection a non seulement apporté un soutien précieux aux policiers sur le terrain mais elle a également permis de renforcer le sentiment de sécurité parmi les habitants du quartier.

Depuis la mi-octobre 2014, le quartier des Pâquis est équipé de 29 caméras reliées à une centrale d'observation installée au Nouvel hôtel de police, qui filment 24/24h et 7/7j le secteur compris entre: la place de Cornavin et les rues du Mont-Blanc, de Berne, Pellegrino-Rossi, De-Monthoux et de Fribourg. Le coeur de ce dispositif repose sur l'interaction entre les opérateurs de vidéoprotection, la centrale d'engagement et les patrouilles actives sur le terrain.

Une aide à l'engagement pour la police

Dès la mise en oeuvre du projet, le pouvoir politique avait clairement affirmé qu'il ne s'agirait en aucun cas de substituer des patrouilles sur le terrain par des caméras, mais bien de permettre de mieux cibler les actions.

Ainsi, les opérateurs de la centrale de vidéoprotection s'appuient sur des images de qualité, même si certaines limites subsistent (obstacles, zones masquées), et collaborent de manière accrue avec les acteurs de la chaîne sécuritaire. Ils permettent d'assurer une surveillance constante pour agir en cas de flagrant délit, mais aussi lors des interventions lancées sur alerte en temps réel, ou encore pour aider à conduire des opérations planifiées.

Des commerçants et citoyens satisfaits du dispositif

Répondant à la demande de nombreux habitants et commerçants de voir installées des caméras en divers lieux du canton, après une certaine appréhension légitime de départ, la vidéoprotection a été accueillie favorablement. Il est d'ailleurs encourageant de constater que la confiance des habitants est grandissante vis-à-vis de la gestion et du traitement des images par la police et que le sentiment de sécurité augmente sensiblement depuis la pose des caméras. L'objectif de sortir d'un débat "anti" et "pro" vidéosurveillance, est donc pleinement atteint dès lors que 61% des personnes sondées par l'Université expriment la volonté de voir cette expérience s'étendre en dehors des Pâquis.

Des éléments de preuve à disposition des autorités de poursuites

Bien que dans la majorité des cas la vidéoprotection permette à la police d'arrêter l’auteur d’un délit sans pour autant impliquer une extraction d’images, 16% des affaires élucidées dans le périmètre l'ont été grâce à des extractions.

Le système aide parfois à élucider des affaires qui ne se sont pas déroulées sur la voie publique, voire même en dehors de la zone sous vidéoprotection. Il s’agit alors d’avoir une vision globale des affaires élucidées. Il est en effet constaté que le taux d'élucidation est sensiblement plus élevé dans la zone sous vidéoprotection que les autres zones de contrôle. A titre de comparaison, le taux est d’environ 20 à 25% pour la zone de contrôle alors qu’il est de 40 à 50% dans la zone sous vidéoprotection, l’écart étant plus régulier depuis l’installation des caméras.

La vidéoprotection a un effet atténué avec le temps

Dans le domaine des stupéfiants, comme attendu aux prémices du projet, les caméras, couplées à une opération de lutte contre le trafic, ont provoqué des mécanismes d'adaptation et un effet plumeau: les cas localisés dans la zone tampon sont de plus en plus nombreux et les transactions se font également à l'abri à des caméras.

En matière de prévention, les caméras de surveillance n’ont pas induit une baisse des infractions dans le quartier des Pâquis. Au niveau des infractions constatées pour lesquelles le contrôle par caméra aurait pu avoir un effet, l'étude observe au contraire une légère recrudescence (+15% en 2016) alors que de 2011 à 2014 la tendance était à la baisse. Ces chiffres doivent néanmoins être appréciés avec la plus grande prudence, la taille très restreinte du périmètre étudié rendant, d’un point de vue statistique, les interprétations très fragiles tant les volumes en présence (moins d’une infraction sur la voie publique par jour pour la période de l’évaluation dans la zone pilote) sont faibles. Qui plus est, la centrale de vidéoprotection, de plus en plus sollicitée par les différentes brigades, permet de constater un nombre plus élevé de délits et par voie de conséquence pourrait illustrer une meilleure efficacité de la police, alors que les effectifs n’ont pas augmenté plus qu’ailleurs.

Quel avenir pour la vidéoprotection à Genève ?

Soutenu par une majorité des sondés, l'extension du dispositif est envisagée, tout en tenant compte de l’absence avérée d’effet préventif. Ainsi, les nouvelles caméras devraient être disposées en privilégiant les axes à grande fréquentation avec une couverture relativement large. L’objectif n’étant pas de prévenir une agression ou toute autre infraction au code pénal, mais bien de donner à la police les moyens d’intervenir avec le plus d'efficience possible, ou d'identifier a posteriori les auteurs.
De manière concrète, après avoir obtenu l'aval de la commission des travaux, le solde du crédit (600'000 francs) sera dédié à l’installation de onze caméras supplémentaire sur les ponts ainsi qu'au remplacement des caméras analogiques non raccordées à la centrale de vidéoprotection et datant de 2008.

Enfin, sur le modèle de grandes villes européennes telles que Munich et Londres, les partenariats publics-privés doivent être renforcés pour pouvoir bénéficier de réseaux de caméras déjà existants et pouvant être directement reliés à la centrale de surveillance, en parallèle aux développements futurs de la vidéoprotection envisagés à moyen terme dans les quartiers les plus urbains de Genève, comme les Eaux-Vives et Plainpalais.

L’étude menée par l’Université de Neuchâtel est disponible à travers le lien suivant :
http://www2.unine.ch/geographie/paquis
Rédigé le 15.11.2016 | L' Extension


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