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Chronique


François Guizot...

Libéralisme et capitalisme apparaissent aujourd’hui en difficulté. La faute à qui? La faute à quoi? Est-ce simplement en raison de l’absence de concurrence?

Depuis la disparition de l’URSS et la chute des systèmes socialistes à travers l’Europe et la planète entière, le monde libre n’a plus à craindre que les peuples soient tentés par un autre exemple, pouvant apparaître, vu de loin, comme plus équitable. Une absence de concurrence qui a, sans doute, entraîné un relâchement et laissé la place au plus dangereux virus du libéralisme: la ploutocratie. Quand on ne pense plus qu’à l’argent et à l’argent pour l’argent, tout le reste fout le camp.

UNE SITUATION DANGEREUSE
Une situation éminemment dangereuse tant l’on sait que «le caractère dominant de la barbarie, c’est l’indépendance de l’individu, la prédominance de l’individualité», comme l’a dit, non pas un dangereux agitateur gauchiste, mais François Guizot, le trop oublié président du conseil des ministres de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Celui qui aurait lancé le mot d’ordre «Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne», désignait ainsi, sans doute, la course à l’enrichissement pour l’enrichissement qui est, à peu près, le contraire de l’enrichissement pour le progrès…
«On ne tombe jamais que du côté où l’on penche», a dit encore le même François Guizot. Il suffirait donc de redresser le système pour l’empêcher de tomber. Et pour cela, il faut sans doute revenir aux origines, aux fondamentaux des origines du libéralisme. «Ce n’est pas dans ses effets qu’on attaque un mal, c’est dans sa cause», a aussi dit le décidément bien inspiré président du conseil. Alors, les causes, comment les connaître? L’absence de concurrence… On ne va tout de même pas recréer l’URSS, même si certains en rêvent peut-être! Et puis, du temps de François Guizot, le système, il fonctionnait très bien et le socialisme n’était alors qu’à l’état de projet dans la tête de quelques idéalistes.

IL FAUT TROUVER LE GUIZOT MODERNE
La concurrence n’est donc pas forcément indispensable pour qu’un bon système fonctionne correctement. S’il suffisait, par exemple, de donner au libéralisme d’aujourd’hui un autre but que le si destructeur et fatal argent-roi ? Que disait Guizot? «Le premier fait qui soit compris dans le mot de civilisation, c’est le fait de progrès, de développement.»
Que dirait Guizot à l’heure actuelle? Redonner un noble but, mobilisateur, au libéralisme, voilà certainement ce que voudrait aujourd’hui François Guizot. L’écouterions-nous? Oh! Bien sûr, il rencontrerait de virulents contradicteurs, mais il saurait aussi leur répondre, sans doute avec le mépris qu’il savait si bien cultiver à l’occasion: «Les injures suivent la loi de la pesanteur. Elles n’ont de poids que si elles tombent de haut.»
Hélas! François Guizot est mort en 1874 et il n’a guère d’héritiers modernes, d’héritiers à sa taille… Cherchons quand même.
Jean-Michel Rochet
Rédigé le 01.02.2013 | Alain Petitpierre


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