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Chronique


Mais qu’est-ce qui va bien ?

Les temps semblent plutôt à la déprime, un peu partout, si on fait un petit tour d’horizon pas trop loin de chez nous. Les citoyens honnêtes de Chypre ou de Grèce paniquent légitimement quand l’Etat met arbitrairement la main sur leurs bas de laine, que tous n’ont tout de même pas volés. Les Italiens sont déboussolés en voyant que le choix électoral, d’environ un quart d’entre eux, en faveur de l’ex-humoriste Beppe Grillo, paralyse le pays et bloque ses institutions de par une mauvaise loi électorale. Pour le 90 %, le rigoureux Mario Monti, respecté internationalement, ne faisait pas l’affaire et environ 30% des votants préfère Berlusconi qui fait presque jeu égal avec le centre-gauche ! La pagaille quoi ! C’est ce que voulait Grillo, qui n’était personnellement même pas candidat, pour que ça change ! L’imagination italienne ne sera pas de trop pour éviter le pire.

Quant au « modèle économique allemand », présenté souvent comme exemplaire, voile de sérieuses difficultés. On ne peut ignorer que sa compétitivité passe depuis 10 ans par une forte déflation salariale qui a amputé la consommation intérieure. Un quart des allemands touche des salaires inférieurs à 10 € de l’heure, parfois bien moins. C’est dire qu’une partie de la population en grande difficulté est mécontente. Mais dans ce pays, il y toujours une forme de modération, notamment des syndicats. On proteste, mais différemment qu’ailleurs ou les mêmes sacrifices ne passeraient pas. On serre les dents et la ceinture et les critiques des voisins en difficulté car moins compétitifs n’émeuvent guère. On les aidera… mais pas n’importe comment.

La France se distingue. Y chercher ce qui va bien est en ce moment plus difficile qu’ailleurs. La multiplicité des affaires met pourtant en exergue des problèmes de société qui nous interpelle partout.

Les discours encombrés d’une escalade de grands mots sur la moralité financière, à partir d’un acte coupable qui n’est pas à banaliser d’une personnalité politique, deviennent pesants. Faut-il avoir vraiment les 4 pieds totalement blancs pour les tenir et s’assurer que ceux qui nous entourent les ont aussi. Mais surtout est-ce utile pour corriger ce qui doit l’être ? Bien des pratiques longtemps courantes doivent cesser. Certains jugent immorales les amnisties. Elles sont pourtant plus efficaces que les chasses aux sorcières pourvoyeuses de polémiques médiatiques dévastatrices que l’on connait partout. Accompagnées de dispositions sérieuses et intelligentes, levant des incertitudes pour ceux qui les suivent, elles génèrent des recettes pour l’Etat et peuvent relancer les investissements si on reconnait aux acteurs de l’économie privée, petits ou grands, le rôle déterminant qu’ils jouent pour la prospérité du pays et l’emploi.

La Suisse, qui se porte mieux que d’autres, n’échappe pas à de fortes turbulences et divers malaises intérieurs. Pour ne pas avoir su anticiper, le pays subit de trop nombreuses décisions venant de l’extérieur. Sa place financière doit se réformer, elle en a les moyens et a commencé à le faire, mais quelques-uns de ses acteurs en n’ont gravement terni l’image. Ses atouts reposent sur la stabilité politique qui sécurise les acteurs économiques, son savoir-faire, et des formations à tous les niveaux adaptées aux besoins des entreprises.

La société change en remettant en cause certaines valeurs fondamentales. Valeurs perdues, bonheur perdu ?

Quand même… une bonne nouvelle ! C’est le printemps ! Inspirons-nous de la nature. Lorsqu’elle celle-ci se fâche et détruit tout sur son passage, l’Homme connaît à ce moment-là, plus qu’à un autre, la solidarité, la force de reconstruire et est capable de se ressaisir, se revigorer pour rebâtir encore plus solidement son Avenir !
Rédigé le 10.04.2013 | Enza Testa Haegi


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