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Chronique


La région, bien plus qu’un laboratoire

Les Grand Genève, Grand Lausanne, Grand Lyon, Grand Turin, les agglos de la Riviera, d’Evian, de Thonon, d’Annecy, de Chambéry, d’Annemasse, de Grenoble ou d’Aoste, vus des Amériques ou d’Asie, ne disent pas grand-chose pour s’y arrêter quelques jours et peut-être même pour y venir.

Par contre un «Diamant Alpin» dominé par le Mont Blanc et la chaîne des Alpes franco-italo-suisses, délimité par un triangle Lyon, Turin et Genève, enrichi des villes voisines, de ses lacs et ses stations de montagnes en été comme en hiver, couvrant la Suisse occidentale, les départements alpins français, le Val d’Aoste et le Piémont, cela parle à un Américain ou un voyageur venu d’Asie.

Cet espace magique fut le fruit de diverses réflexions. Un petit groupe franco-italo-suisse se réunit à diverses reprises à la Fondation Mérieux au bord du lac d’Annecy, parfois à Lyon, Turin ou Genève. On y inventoriait le patrimoine de chacun de nos territoires et nous prenions conscience que la valeur maximale de cet espace n’était atteinte que lorsque nous l’abordions ensemble. Un jour sur la nappe en papier d’un bistrot lyonnais nous tirâmes trois droites reliant Genève, Lyon, Turin. Puis, pointant au milieu de ce triangle le plus haut sommet, nous traçâmes trois autres droites pour relier les angles. Observant notre dessin, d’une seule voix nous prononçâmes le mot «Diamant».

Quel «Diamant?» nous demanda-t-on. «Alpin» répondit à un journaliste celui qui fut le premier auquel on posa la question. Le «Diamant Alpin» était né. La base du groupe, dont la composition variait en fonction des invitations qu’il lançait pour enrichir sa réflexion, avait clairement exprimé une volonté: ne pas l’institutionnaliser, en faire une plate-forme libre, en relation avec des acteurs très divers du territoire, notamment économiques, culturels, scientifiques, universitaires et politiques.

En 1982 le groupe reçut une délégation américaine composée d’élus et de spécialistes de l’aménagement et de la gestion des territoires. On leur fit découvrir le «Diamant Alpin», ses villes principales, et d’autres aussi pas moins intéressantes, nos sites alpins, notre patrimoine d’une manière générale et on expliqua le sens de notre démarche dont le suivi était assuré par nos engagements individuels dans diverses instances influençant l’avenir de notre Région. Nous exprimâmes clairement notre volonté de préserver le patrimoine naturel que nous détenions en nous référant aux composantes du développement durable (économie, écologie, social).

Juin 1994. Surprise. Une lettre du Gouvernement américain nous annonçait qu’en fonction des informations recueillies sur le «Diamant Alpin», une distinction saluant le bien-fondé de cette initiative et la manière de la conduire, nous était attribuée et qu’on nous invitait à Washington pour la recevoir des mains du Ministre d’Etat au logement et développement urbain, ancien Maire de San Antonio, Henry Cisneros !

Nous nous rendîmes donc dans la Capitale des Etats-Unis où l’on put retrouver nos correspondants de l’organisation Partners for Livable Places devenue Communities et partager à nouveau nos expériences, nos espoirs et nos doutes.

Cet épisode pourrait être jugé anecdotique. Pourtant, ce qui est vraiment à retenir pour l’avenir, c’est qu’avec un recul de quelques milliers de kilomètres, le Diamant Alpin est notre vraie Région. Elle est même unique au monde.
Rédigé le 31.03.2015 | Claude Haegi


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