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Chronique


Aberration : nos barrages en danger économique

Le Valais produit 40 % de l’électricité suisse. Cette source énergétique, la plus importante de toutes les énergies renouvelables, qui répond à 56% des besoins suisses est en danger.

Il est aberrant de constater que notamment la sortie du nucléaire allemand, compensée par une production de charbon encore plus abondante qu’avant et des subventions pour les énergies éoliennes et solaires donnent lieu à des exportations à des prix défiant l’hydro. Les incohérences se multiplient, mais on péjore surtout l’état du climat. La rentabilité de la production hydroélectrique actuelle est menacée et des mesures doivent être prises pour renforcer ses revenus. Le monde politique en parle !

Lors de la récente Assemblée Générale des FMV (Forces Motrices Valaisannes), le Président du Conseil Pascal Gross a évoqué les grandes incertitudes qui ont été accrues par le gel de l’accord sur l’électricité entre l’Union Européenne et la Suisse depuis 2014.

«L’entreprise FMV affirme sa stratégie qui vise à valoriser le potentiel hydraulique du Rhône et de s’intégrer dans l’effort économique du canton (…) Dans ce contexte troublé le très bas prix des taxes sur le CO2 et la situation économique difficile dans laquelle se trouve l’Europe ne sont pas de nature à améliorer la situation. La décision de la Banque Nationale suisse d’abandonner le taux plancher de €/CHF vient encore péjorer cet état de fait. Les productions hydrauliques suisses subissent de plein fouet les conséquences de cet environnement international, car la distorsion des marchés pénalise la compétitivité de la grande hydraulique. Les marges se réduisent, certains aménagements produisent à perte et, alors que la production hydroélectrique couvre près de 60% du mix électrique du pays, nombre de projets sont arrêtés ou mis en veilleuse. (…) La force hydraulique est en effet un pilier de l’approvisionnement en électricité de la Suisse. Elle doit donc être résolument défendue.»

A l’occasion de cette assemblée, les FMV ont réaffirmé leur volonté de valoriser le potentiel hydraulique du Rhône. Elles entendent être les partenaires privilégiés des collectivités publiques valaisannes, agir sur la chaîne de valeur ajoutée, en particulier sur la production et la consommation d’électricité, s’intégrer dans l’effort économique du canton a ajouté le président Goss.

Il a été également relevé que l’hydroélectricité, cette énergie entièrement renouvelable, mettait en valeur une ressource naturelle des Alpes.

Ce qu’on appelle communément la transition énergétique, qui devrait permettre d’évoluer vers une meilleure maîtrise du CO2 et d’autres formes de pollutions, en diminuant la consommation d’énergie fossile, est pratiquée de manière aussi incertaine voire écologiquement néfaste tant en Allemagne qu’en France ou en Suisse. Il n’y a pas de politique européenne. L’arrêt ou la diminution de la production nucléaire est privilégiée au prix le plus fort. Charbon, dérèglement des marchés compromettant le fonctionnement de l’hydraulique, la principale énergie renouvelable et prolongement de la vie des plus vielles centrales nucléaires afin d’en éviter de nouvelles pourtant plus sûres sont les composantes de cette glorieuse politique. On peut légitimement souhaiter remplacer ou diminuer le nucléaire, mais il faut savoir raisonnablement par quoi et quand. Les réponses sont politiques et dogmatiques. Le vrai combat suisse et européen serait de privilégier la recherche et l’innovation, d’avoir l’ambition de maîtriser les pollutions et dangers des énergies qui en véhiculent et bien entendu de diminuer la consommation, sans renonciation, mais grâce à de nouvelles technologies.
Rédigé le 16.06.2015 | Claude Haegi


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