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Chronique


On ne peut destiner les communes françaises au sommeil et les genevoises au travail

Des experts annonçaient, il y a deux ans, que le pouvoir d'achat des frontaliers franco-suisses diminuerait ! Le contraire s'est produit de manière aussi spectaculaire qu'inattendue.

Les facteurs d'influence de la variabilité des taux de change sont complexes et les prévisions incertaines. Les frontaliers bénéficiaires de l'actuelle situation doivent redoubler de prudence en matière d'emprunt. Il y a quelques années, tous n'ont pas mesuré les risques économiques, et ont fait de cruelles expériences en perdant les fonds propres de leur maison et obéré durablement leurs finances.

La zone euro coûte moins chère, elle attire donc les chalands suisses en plus grand nombre. Cette situation pourrait représenter une heureuse opportunité permettant à la France d'accueillir des investisseurs, notamment dans le domaine de l'immobilier et de l'installation d'entreprises, délocalisant une partie de leurs activités dans la zone euro de l'UE.

La fiscalité française plus lourde

Certains le font ou l'étudient, mais il y a des réticences provoquées par les incertitudes de l'évolution des législations. La fiscalité française est perçue comme étant de plus en plus lourde. Le régime des droits de succession, appliqué aux étrangers qui n'en ont pas dans leur pays, provoque l'exode de ceux qui s'en inquiètent et freine l'arrivée de nouveaux habitants qui seraient de bons contribuables.

Pour le surplus, le gouvernement lui-même reconnait devoir simplifier une administration compliquée sans y arriver vraiment. Certaines entreprises explorent la piste française de l'Union européenne pour finalement choisir un autre pays membre plus sécurisant. Un signe marquant une volonté d'offrir des conditions d'accueil favorables aux entreprises et aux particuliers devrait être fait. Pour l'heure, nous en sommes aux occasions manquées. Dommage.

Quelles craintes ?

La Banque nationale suisse et d'autres acteurs ensuite, notamment politiques, ont jugé que l'économie nationale helvétique était prête à supporter un franc fort. Tel n'est vraiment pas le cas pour tous. On peut s'attendre à un ralentissement général, à un freinage des créations d'emplois, voire à un chômage plus élevé.

L'année 2016 suscite plus d'inquiétude que 2015, pour laquelle des commandes et réservations sont en cours.

Quels espoirs et quelles évolutions ?

La région du Grand Genève, Léman, Mont-Blanc, avec les cantons francophones et les départements alpins français, détient un formidable potentiel de développement qui ne sera pas compromis par un franc suisse fort. Genève offre de nombreux emplois, mais ne peut domicilier tous ceux qui y travaillent.

L'absence de moyens de transports publics ou privés de qualité cause un problème majeur plusieurs heures par jour, dans ce pôle métropolitain étouffé par la circulation. On ne peut destiner les communes françaises au sommeil et les genevoises au travail. Agissant au sein d'une entité transfrontalière solidaire, la dynamique économique de Genève doit générer des emplois des deux côtés de la frontière.

La bi-localisation de certaines entreprises ou le développement du travail à domicile, avec des personnes devenant indépendantes, sont des pistes à approfondir. Elles ont l'avantage de contribuer aux aménagements nécessaires à un rééquilibrage transfrontalier. Les sites d'excellence, de l'industrie, de la recherche, de l'innovation et du tourisme de la région française, qui comptent des leaders mondiaux, saura de son côté développer de nouveaux emplois, source de prospérité.
Rédigé le 05.08.2015 | Claude Haegi


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