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Chronique


Demain l’Europe ou l’Europe de demain ?

L’Europe construite pour la paix européenne en permettant à ses membres de se mutualiser afin d’avoir un poids suffisant dans le concert mondial, se retrouve banalisée aujourd’hui.

Malheureusement l’UE a cru ne rien devoir prévoir pour ceux qui n’entrent pas complètement dans son modèle, mais partagent nombreuses de ses valeurs. Son fonctionnement institutionnel est donc incompatible avec celui de la Suisse qui est pourtant souvent reconnue à l’étranger comme un modèle démocratique.

La difficile construction de l’UE nécessiterait des audits réguliers pour procéder à des corrections ou des ajustements. Rien n’est prévu. A Bruxelles, on fonce quitte à se couper des populations.

Le résultat est là. Dans les référendums, les citoyens expriment souvent autre chose qu’une réponse à la question posée.

Le Brexit dérange plus par les arguments des supporters de la sortie de la Grande- Bretagne que par son résultat. Bien plus de 52 % des Anglais et des autres européens veulent des changements.

Les Anglais ont dit ce que ressentent beaucoup d’autres européens membres ou pas de l’UE. Ils se sont exprimés sur l’immigration et contre une Europe bureaucratique coûteuse, exagérément normative, qui s’immisce dans les affaires des pays en voulant s’occuper de tout, grâce à une administration tentaculaire.

Ils se sont opposés au maintien d’une libre circulation des personnes, considérée comme une source de dangereuses tensions sociales. Pourtant ils ne manquent pas d’esprit d’ouverture et d’intégration: Ne viennent-ils pas d’élire un Maire de Londres musulman? Avec le Commonwealth of Nations et son histoire, le pays dispose d’une organisation intergouvernementale de 53 Etats indépendants, dont 51 sont d’anciennes colonies, représentant des échanges culturels mondiaux et uniques aux quatre coins de la planète. La Grande-Bretagne insulaires? Certes, mais avec une expérience interculturelle plus vaste que celle de l’Europe, même élargie. Que l’UE s’occupe des questions essentielles !

Une majorité des citoyens européens attendent un changement de l’Union. Ils demandent qu’elle s’occupe des problèmes essentiels importants pour chacun d’entre nous: L’immigration, la lutte contre le terrorisme, la sécurité des personnes, la politique énergétique, l’environnement pour ses principes fondamentaux et une base stratégique économique afin de faire le poids face à l’Asie et l’Amérique.

Souvenons-nous de la position de Raymond Barre vis-à-vis de l’UE: Trois cercles. Un pour les pays les plus déterminés qu’il ne faut pas freiner. Un autre, intermédiaire pour ceux qui ne veulent pas aller trop loin et trop vite, et un troisième qui rassemblerait les Etats ne voulant s’allier que sur les sujets essentiels, mais dont la présence renforcerait finalement l’UE.

Nous sommes suisses… et européens Que les bilatérales soient gérées au mieux, mais qu’on sache aussi les dépasser pour être dans un mouvement de proposition. Avec humilité, détermination et respect mutuel que la Suisse contribue à donner un nouvel élan à l’Europe. La peur de la multiplication des sorties est mauvaise conseillère. Demandons-nous qui pourrait rejoindre une Europe repensée, offrant un deuxième et troisième cercle d’accueil.

L’Union n’a pas fait que des erreurs. En corrigeant les fautes commises elle pourra réussir à convaincre les citoyens, et avec eux elle pourra exister.
Rédigé le 06.07.2016 | Claude Haegi


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